Sport et revalidation cardiaque pour le patient cardiovasculaire

Article du Docteur Anne Vorlat – UZA


L’activité physique régulière et la participation à un entraînement physique font partie intégrante des conseils thérapeutiques et des directives thérapeutiques pour la plupart des maladies cardiovasculaires. Des recherches ont montré que la pratique de l’entraînement est associée à une réduction de la mortalité cardiovasculaire et globale. Compte tenu de ces effets bénéfiques et de l’augmentation de la population adoptant un mode de vie sédentaire et souffrant d’obésité, l’activité physique est également promue pour la population générale ; les prévalences des facteurs de risque cardiovasculaire et des maladies cardiaques et vasculaires restent préoccupantes à l’échelle de la population.

Dans le texte suivant, le programme de revalidation cardiaque sera abordé et réservé aux patients présentant des problèmes cardiaques récents. Ensuite, une approche plus générale du sport chez les patients présentant une pathologie cardiovasculaire sous-jacente sera abordée.

Revalidation cardiaque

La revalidation cardiaque est un parcours de rééducation multidisciplinaire destiné aux patients souffrant de maladies cardiaques sous-jacentes. Bien que le processus de récupération physique soit au premier plan, une approche multidisciplinaire permet de poser des bases solides pour la prévention secondaire. Cette approche comprend une évaluation initiale, la gestion des facteurs de risque médicaux, un programme d’exercices physiques structuré, l’éducation du patient, des conseils en matière de mode de vie (comme l’arrêt du tabac et des conseils nutritionnels) et un soutien psychosocial (comme le soutien en cas de stress et de dépression et l’accompagnement dans le travail et la vie quotidienne). La revalidation cardiaque est proposée à un large éventail de patients, allant d’une approche initiale à l’hôpital (phase I) à une approche ambulatoire précoce (phase II), en passant par un soutien à moyen terme (phase III) et à long terme (phase IV). Il a été démontré qu’en participant à un programme de revalidation cardiaque, les récidives et les admissions à l’hôpital peuvent être évitées. Des améliorations cliniquement significatives des indicateurs de santé liés à la qualité de vie et de la capacité fonctionnelle sont également signalées.

Ces gains sont rapportés dans un large spectre de maladies cardiaques, allant des patients atteints d’un syndrome coronarien aigu, en passant par les patients ayant subi une revascularisation cardiaque, jusqu’aux patients souffrant d’insuffisance cardiaque avec une fonction cardiaque réduite.
Compte tenu du bilan coût-bénéfice favorable de cette forme de revalidation, soutenu par des données de recherche scientifique étendues, elle est intégrée dans de nombreuses directives de la Société européenne de cardiologie pour ces affections. En Belgique, 45 séances multidisciplinaires de revalidation cardiaque sont remboursées jusqu’à six mois après un événement cardiaque aigu ou un nouveau diagnostic cardiaque. Ce remboursement est cependant soumis à des règles très strictes. Le nombre d’indications est limité et seuls les centres agréés peuvent démarrer un parcours de revalidation cardiaque pendant une hospitalisation.

Une partie importante de la revalidation cardiaque est la partie consacrée à l’entraînement physique, supervisée par un médecin et un kinésithérapeute.
Bien que la revalidation soit un événement de groupe, un conseil d’entraînement individuel est élaboré à partir d’une évaluation clinique, y compris les facteurs de risque, les préférences personnelles et les objectifs. Au minimum, 3 séances par semaine d’une durée de 45 à 60 minutes sont recommandées. L’intensité des exercices se situe entre 45 et 59 % de la consommation maximale d’oxygène ou entre 55 et 69 % de la fréquence cardiaque maximale. Ces paramètres sont établis à partir d’un test d’effort, avec ou sans ergospirométrie. Habituellement, ce test est répété à mi-parcours du programme et à la fin pour adapter les conseils d’entraînement. En plus de l’entraînement aérobie d’endurance, la musculation fait également partie du programme d’entraînement. La première partie des séances d’exercice est toujours supervisée à l’hôpital, souvent avec surveillance du rythme cardiaque. Ensuite, en fonction des possibilités de chaque centre, il peut être envisagé d’organiser une partie des séances d’exercice en dehors de l’hôpital. Avec la numérisation croissante, ces voies sont de plus en plus explorées.

Cependant, la mise en oeuvre pratique de ces modèles ambulatoires est difficile, car le financement de ceux-ci par l’INAMI est inexistant. L’objectif de ces séances d’exercice est d’améliorer la condition aérobie, la force musculaire et la coordination du patient. Il convient également de souligner l’amélioration des symptômes et la réduction de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires.

Outre l’aspect physique, une attention particulière est accordée à la prévention secondaire. Comme un poids corporel sain et une alimentation saine sont bénéfiques pour la santé générale, ces aspects sont également abordés dans le programme de revalidation. De plus, une attention supplémentaire est accordée au contrôle du profil lipidique (particulièrement important pour les patients atteints de maladies vasculaires) et à la consommation de sel et de liquides (insuffisance cardiaque).

L’accompagnement par un diététicien, la médication et l’activité physique font partie intégrante de ces mesures. L’arrêt du tabac fait également partie d’un mode de vie sain et est proposé. Un autre aspect important d’une maladie chronique (dont la plupart des affections cardiovasculaires) concerne les problèmes psychosociaux sous-jacents. Une évaluation des facteurs de risque psychosociaux tels que le stress, la dépression, la capacité sociale et la souffrance psychique est effectuée. Un psychologue agréé fait partie du programme et peut apporter un soutien supplémentaire au patient et à sa famille, selon les questions et les souhaits du patient. Un assistant social peut également être le premier point de contact dans ce domaine.
Ce dernier s’occupe également des aspects pratiques de la maladie, tels que l’invalidité, l’incapacité de travail, les aspects financiers ou le retour au travail, le cas échéant.

Comme mentionné précédemment, en Belgique, 45 séances multidisciplinaires de revalidation cardiaque sont proposées. Celles-ci comprennent non seulement les séances d’entraînement, mais aussi le soutien d’un psychologue, d’un assistant social et d’un diététicien. Selon le profil du patient, l’accent peut être mis davantage sur tel ou tel aspect.

L’ensemble du programme de revalidation est supervisé par un cardiologue agréé en revalidation cardiaque. Celui-ci assure un suivi structuré de chaque patient atteint d’une maladie cardiaque dans le programme. Une réaction adéquate aux plaintes physiques et aux questions médicales, l’ajustement de la médication, l’individualisation du programme d’entraînement (adapté au patient et à sa maladie spécifique) et la coordination de toute l’équipe sont les principaux aspects de cette démarche.

Bouger pour tous; même pour le patient cardiovasculaire

L’activité physique régulière est recommandée à la population en raison de ses avantages pour la santé. La revalidation cardiaque fait partie intégrante du traitement standard d’un patient souffrant d’une maladie cardiaque sous-jacente, mais l’accès à ce programme de soins est limité et strictement réglementé en Belgique. De plus, il est principalement proposé au patient dans un cadre aigu et peu ou pas d’attention est accordée à la « population générale », une population qui vieillit de plus en plus et présente un risque cardiovasculaire accru ou souffre déjà d’une maladie cardiaque sous-jacente. Bien que les risques liés au sport en tant que loisir soient limités, nous, cardiologues, sommes de plus en plus confrontés à des questions de la part de patients présentant des facteurs de risque cardiovasculaire sous-jacents ou une pathologie cardiaque documentée. Le profil de risque ou la maladie sous-jacente doivent alors être pesés par rapport aux avantages de la condition physique cardiorespiratoire.
Surtout dans un contexte de compétition croissante, où les patients demandent parfois à leur corps plus que ce qui est souhaitable, l’équilibre est difficile pour le cardiologue.

Les directives de la Société européenne de cardiologie recommandent un entraînement d’endurance d’intensité modérée de 150 minutes par semaine réparties sur 5 jours pour les personnes en bonne santé de tous âges. Si l’entraînement est intensif, 75 minutes réparties sur 3 jours suffisent. Les « Directives ESC 2020 pour la pratique du sport pour les patients souffrant de maladies cardiovasculaires » donnent un bon aperçu de la manière de déterminer l’intensité d’un effort en fonction de la consommation d’oxygène (VO2) ou de la fréquence cardiaque et du type de sport pratiqué.
Les recommandations pour les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire sont plus difficiles. Il est recommandé d’évaluer le risque de maladie coronaire sous-jacente chez chaque personne à partir de l’âge de 35 ans (Directives ESC 2020 pour la pratique du sport).

Ces mêmes « Directives ESC 2020 pour la pratique du sport et de l’entraînement pour les patients souffrant de maladies cardiovasculaires » fournissent des recommandations pour l’exercice physique pendant les loisirs et la pratique sportive compétitive, et constituent un jalon important et un guide pour les conseils en matière de sport chez les patients souffrant de problèmes cardiaques. Ils abordent en détail diverses affections telles que les maladies coronariennes, l’insuffisance cardiaque, les valvulopathies, les aortopathies, les cardiomyopathies, la myocardite, la péricardite, les troubles du rythme, les canalopathies et les malformations cardiaques congénitales. Pour chaque type de problème cardiaque, une évaluation des risques spécifiques est décrite en détail. De plus, une recommandation est donnée pour chaque variante concernant l’entraînement. Il serait trop long d’entrer ici dans les détails. Sachez cependant que ces directives peuvent être un excellent guide pour un patient individuel.

En résumé, le parcours de revalidation cardiaque est un bon point de départ pour un patient atteint d’une maladie cardiaque. Les directives ESC offrent également un excellent soutien pour la prise en charge continue d’un patient individuel souffrant d’une maladie spécifique et des besoins sportifs personnels.

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