Quelques chiffres

Group 8

En Belgique, 31% décès de femmes sont dus aux maladies cardiovasculaires.

Group 14

Les maladies cardiovasculaires sont la 1ère  cause de mortalité des femmes : 42% des décès chez les femmes européennes, contre 27% pour les cancers.

Group 21

Un bilan cardiovasculaire complet est recommandé pour toutes les femmes à partir de 50 ans.

Group 28

80% des maladies cardiovasculaires sont liées à l’hygiène de vie (activité physique, alimentation, tabagisme, stress, alcool).

Group 51

Sur les 15 dernières années, le pourcentage de femmes de moins de 50 ans victimes d’un infarctus a triplé.

Group 59

En cas de malaise, une femme a 27% moins de chance de bénéficier d’un massage cardiaque qu’un homme, alors que c’est une étape essentielle à la survie avec le moins de séquelles possible.

coeur de femme ≠ coeur d’homme

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Le fonctionnement d’un coeur de femme est identique à celui d’un coeur d’homme. Notre coeur est un muscle qui a un rôle de pompe. Ce muscle est nourri par 3 artères coronaires principales. C’est grâce à cette pompe au rythme régulier (si tout va bien) que le sang parcourtnotre corps dans nos artères et nos veines.

Il arrive que les vaisseaux sanguins rétrécissent ou se bouchent complètement. De petits caillots de sang (“thrombi”) peuvent aussi se détacher et migrer. Cela peut créer des accidents aigus tels qu’un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC), mais aussi des maladies cardiovasculaires chroniques, telles qu’une angine de poitrine (douleur thoracique à l’effort), démence, claudication intermittente des membres inférieurs (douleur de jambe à la marche), plaie chronique voire amputation de pied ou de jambe.

Pour garder un coeur et des artères en pleine santé, tout le monde a intérêt à :

  • manger équilibré (ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé) ;
  • pratiquer un sport ou la marche régulièrement ou au moins, avoir une activité physique régulière selon ses capacités physiques ;
  • ne pas fumer et ne pas s’exposer au tabagisme passif ;
  • privilégier l’eau aux sodas et à l’alcool ; – gérer son stress ;
  • faire un contrôle régulier chez son médecin généraliste.

Il existe cependant des spécificités chez les femmes.

Le cœur des femmes est anatomiquement plus petit, et leurs artères plus fines (se bouchent plus facilement), ce qui les rend plus sensibles à certains facteurs de risque (cholestérol, stress, tabac, sédentarité, diabète, hypertension). Enfin, les oestrogènes naturels de la femme ont un effet cardioprotecteur. Pendant longtemps, les femmes non ménopausées étaient donc relativement protégées des maladies cardiovasculaires, et n’y étaient confrontées en moyenne qu’une dizaine d’années plus tard que les hommes. Malheureusement, l’évolution profonde des modes vies a des conséquences néfastes sur le coeur des femmes, qui ont aujourd’hui les mêmes comportements à risque que les hommes : les jeunes femmes fument plus tôt et plus fréquemment, sont plus sédentaires, très confrontées au stress (privé comme professionnel), consomment plus d’alcool et ont une alimentation moins équilibrée qu’avant. Tout cela réduit l’effet protecteur de leurs oestrogènes naturels et augmente leur risque cardiovasculaire.

facteurs de risque chez la femme

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Les “facteurs de risque” sont les éléments qui augmentent le risque qu’un accident se produise. 

Quand on parle des facteurs de risque cardiovasculaires, il y a tout d’abord des facteurs non-modifiables (sur lesquels on ne peut pas agir, mais qu’il est bon de connaître) : 

  • l’âge
  • l’hérédité 

Le risque cardiovasculaire augmente avec l’âge. Un bilan cardiovasculaire complet est recommandé pour toutes les femmes à partir de 50 ans ou avant en cas d’association de facteurs de risque cardiovasculaires. L’hérédité et le coeur Les maladies cardiovasculaires ne sont pas des maladies génétiques (à part quelques exceptions), mais il y a une part d’hérédité dans la santé du coeur. Si, parmi vos parents proches, un homme a eu un problème cardiovasculaire avant 55 ans, ou une femme avant 65 ans, il faut surveiller votre coeur attentivement et prendre soin de lui.

Les maladies cardiovasculaires ne sont pas des maladies génétiques (à part quelques exceptions), mais il y a une part d’hérédité dans la santé du coeur. Si, pa rmi vos parents proches, un homme a eu un problème cardiovasculaire avant 55 ans, ou une femme avant 65 ans, il faut surveiller votre coeur attentivement et prendre soin de lui.

Le “mauvais” cholestérol (LDL-cholestérol) a tendance à augmenter chez les femmes de plus de 65 ans. En parallèle, un taux de “bon” cholestérol (HDL-cholestérol) trop faible augmente plus le risque de maladie d’une femme que d’un homme.

Les femmes ont aujourd’hui des carrières professionnelles qui se rapprochent de celles des hommes, avec tout le stress que cela peut engendrer, mais gardent en moyenne une majorité de ce qu’on appelle “la charge mentale”, c’est à dire le stress organisationnel de la vie privée (courses, ménage, gestion des enfants, des rendez-vous médicaux, etc). Les facteurs psychologiques tels que l’anxiété, le stress ou encore la dépression, ont un impact marqué sur le risque cardiovasculaire des femmes, et engendrent parfois une prise de poids (également nuisible à leur santé).

La cigarette est de plus en plus présente chez les jeunes femmes depuis les années 70, représentant un moyen de combattre le stress, mais aussi la prise de poids.

Le tabac est un vrai fléau, surtout lorsqu’il est couplé à la prise de contraceptifs oraux (“pilule”). L’association des deux augmente fortement le risque de formation de caillots sanguins (thrombose) et donc d’accident cérébral, d’infarctus du myocarde de rétrécissement des artères des membres inférieurs.

71% des femmes Belges n’ont pas une activité physique suffisante, ce qui nuit à leur santé. Chez les femmes âgées de plus de 60 ans, trouver des moyens de bouger régulièrement est encore plus indispensable.

Une femme souffrant de diabète a un risque cardiovasculaire augmenté de 3 à 7 fois, ce qui est plus qu’un homme diabétique (risque multiplié par 2 ou 3). Ceci souligne l’importance, pour les femmes comme les hommes, d’avoir une alimentation saine, pauvre en graisses et sucres, et une activité physique régulière. Il est également important de souligner l’effet délétère du diabète sur les petites artères, avec pour conséquence un risque accru d’insuffisance rénale, de chute d’acuité visuelle (rétinopathie), de plaie des pieds et jambes, voire d’amputation.

L’hypertension artérielle est un facteur de risque cardiovasculaire très important : elle est très nocive pour les artères, ce qui multiplie fortement les risques d’infarctus, d’AVC, d’insuffisance rénale, d’hémorragie cérébrale et de démence.

Il est important de vérifier régulièrement que la tension artérielle ne dépasse pas 140/90 mm Hg au repos au domicile (auto-contrôle), surtout pour les femmes de plus de 60 ans chez qui l’hypertension est fréquente et plus sévère que pour les hommes.

Le surpoids et l’obésité augmentent le risque cardiovasculaire. Les femmes doivent y faire attention, surtout lors des grossesses et de la ménopause

Les effets de l’alcool sont plus marqués chez la femme que chez l’homme. La consommation journalière maximale indiquée pour les femmes est de deux unités (une unité étant 10cl de vin ou 25cl de bière). Boire plus que cela est nocif pour le coeur.

Enfin, aux facteurs de risque communs aux hommes s’en ajoutent d’autres, spécifiques aux femmes et à leurs différentes périodes hormonales. Il faut en tenir compte et en parler avec vos médecins (gynécologue, généraliste, cardiologue) :

  • ostéoporose
  • contraception orale
  • migraine avec aura
  • endométriose 
  • cycles menstruels irréguliers
  • syndrome des ovaires polykystiques – ménopause précoce – maladies auto-immunes
  • hormonothérapie post-ménopausique – pathologies de la grossesse (hypertension, pré-éclampsie, diabète de grossesse, infarctus placentaire, etc.)
  • traitement du cancer par certaines chimiothérapies et par radiothérapie en particulier du thorax (cancer du sein, des ganglions…)

Le saviez-vous ?

Consommer 3  à  4  cigarettes  par  jour  multiplie  par  3  votre risque  d’accident  cardiovasculaire  ! Ce sur-risque disparaît totalement après 5 ans d’arrêt.

les hormones féminines et le coeur

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Les oestrogènes naturels des femmes ont un effet cardioprotecteur. Etant donné le lien entre leurs hormones et leur santé cardiovasculaire, il faut porter une attention particulière aux différentes périodes de transition hormonale que les femmes traversent.

Les moyens de contraception basés sur des oestrogènes de synthèse (la majorité des pilules, l’anneau vaginal et les patchs cutanés) ont un effet coagulant sur le sang, c’est à dire qu’il est moins liquide, ce qui augmente les risques de formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

Ces méthodes contraceptives peuvent donc être dangereuses pour des femmes qui ont dans leurs antécédents familiaux d’autres femmes victimes d’embolies, de thromboses ou d’accidents cardiaques avant 65 ans.

La contraception avec oestrogènes de synthèse doit absolument être prohibée chez les fumeuses : le tabac rigidifie les artères, ce qui augmente aussi le risque de caillots. Même pour celles qui ne fument que quelques cigarettes par jour, il est impératif de choisir une contraception sans oestrogènes de synthèse.

La grossesse est une épreuve pour le corps de la femme : pour alimenter suffisament le placenta et le foetus, le coeur d’une femme enceinte pompe environ 6 à 7 litres de sang par minutes (contre 4 à 5 litres pour une femme qui n’est pas enceinte). Le coeur travaille donc considérablement plus que d’habitude : fréquence cardiaque augmentée et valves cardiaques à plein régime. Bien que la plupart des femmes s’en sortent sans problème, il peut arriver qu’on détecte à ce moment-là une faiblesse cardiaque chez certaines femmes. La première grossesse est donc un bon moment pour effectuer un dépistage cardiovasculaire.

Malheureusement, la protection naturelle des oestrogènes disparaît avec la chute d’hormones à la ménopause (en particulier, la ménopause précoce est un facteur de risque). Le risque cardiovasculaire des femmes augmente donc significativement dès ce moment-là, et pour le reste de leur vie.

Des traitements hormonaux de substitution existent pour la ménopause, souvent dans le but de réduire les symptômes de celle-ci. Il appartient à votre médecin d’évaluer le rapport risques / bénéfices de ces traitements dans votre cas ainsi que le moment idéal de début et fin de traitement par hormones. Les traitements hormonaux per os (comprimés) augmentent le risque cardiovasculaire, et devraient être évités chez les femmes présentant d’autres facteurs de risque cardiovasculaires. Par contre, les hormones « naturelles » transcutanées (oestrogènes naturels sous forme de gel) éventuellement associées à la progestérone naturelle per os (selon avis du gynécologue) ont un effet relativement « neutre » sur le risque cardiovasculaire.

Contraception & tabac, un cocktail dangereux !

Chez les femmes de plus de 35 ans, l’association d’une contraception contenant un œstrogène de synthèse (pilule, patch cutané, anneau vaginal…) avec le tabac multiplie par 30 le risque d’infarctus !

symptômes inquiétants chez la femme

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Les femmes doivent faire attention :

  • à des symptômes d’essoufflement ;
  • à des symptômes de fatigue extrême (étourdissements, sueurs) ;
  • à des symptômes aux airs de problèmes digestifs (nausées, vomissements, douleurs dans l’estomac).

Chez la femme, les symptômes d’accidents cardiovasculaires peuvent être moins typiques ou moins inquiétants que chez l’homme. La croyance encore largement admise que les femmes sont moins sujettes aux maladies du cœur contribue aussi à la sous-estimation de l’importance de ces symptômes.

Prenons le cas de l’infarctus du myocarde (mieux connu sous le nom de “crise cardiaque”). Il se manifeste généralement par une forte douleur thoracique. Cependant, cette douleur thoracique peut être absente ou “bâtarde”, et ce phénomène se produit plus souvent chez les femmes. Les femmes signalent généralement d’autres symptômes moins typiques : essoufflement, nausées, sueurs, douleurs brutales dans la partie supérieure du corps (haut du dos, cou, mâchoire). Fatigue, douleur dans le dos ou à l’estomac, angoisse inhabituelles sont parfois les symptômes d’un infarctus chez la femme.

Ces symptômes peu typiques, cumulés à la fausse croyance que les maladies cardiovasculaires ne touchent pas les femmes, ont des conséquences dramatiques : les femmes sont moins enclines à prêter attention à ces symptômes, à se présenter d’elles-mêmes à l’hôpital et à être prises en charge correctement.

comment anticiper les problèmes cardiovasculaires si vous êtes une femme ?

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Agir préventivement pour une bonne hygiène de vie très important, car la plupart (80%) des maladies cardiovasculaires sont causées par des facteurs de risques modifiables, qui dépendent donc directement de nos habitudes quotidiennes.

Si vous ne fumez pas, continuez comme ça, et éloignez-vous le plus possible du tabagisme passif que d’autres personnes pourraient vous imposer sans y penser.

Si vous fumez, il existe de nombreuses solutions pour arrêter et diminuer vos risques directement. Nous vous conseillons de bien vous entourer et d’utiliser tout le soutien existant pour combattre l’addiction. N’hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou un tabacologue. Vous pouvez aussi contacter « tabacstop » (contact sur le paquet de cigarettes). Si vous êtes sous contraception, vérifiez bien qu’elle ne contient pas d’oestrogènes de synthèse ! Demandez son avis à votre généraliste ou gynécologue.

L’OMS préconise 30 minutes quotidiennes d’activité physique modérée à intense. Il existe pleins d’astuces faciles pour bouger plus : faire des promenades récréatives, se garer à minimum 100 mètres de sa destination, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, marcher pour les petites distances, etc. Le programme gratuit Please Stand Up & Move de la Ligue Cardiologique Belge propose pleins d’astuces pour lutter contre la sédentarité.

Faites un maximum de place aux légumes et aux légumineuses dans votre assiette. Evitez les trop grandes quantités de fromage (privilégiez les fromages à pâte molle, moins gras), de pain, de charcuterie et de plats préparés.

Du poisson 2 à 3 fois par semaine, une cuisine aux huiles végétales (évitez l’huile de palme et de coco), des herbes et épices pour remplacer le sel : voilà quelques astuces pour équilibrer son alimentation ! Si vous avez envie d’un petit morceau de chocolat, optez pour le chocolat noir.

Privilégiez l’eau par rapport aux sodas, aux jus, à l’alcool. Rien n’est interdit mais l’eau doit être la norme, et le reste les exceptions.

La première étape est d’essayer de diminuer votre stress en identifiant et évitant les situations qui le causent. Dans le même temps, essayez de trouver des activités qui vous permettent d’évacuer vos tensions, et organisez-les de façon régulière. Les moments heureux et les rires sont de vrais anti-stress.

Pour le stress inévitable, il existe des techniques qui permettent d’apprendre à mieux le gérer, ce qui diminuera votre risque cardiovasculaire : relaxation, méditation, sophrologie, psychothérapie, etc.

Discutez de votre alimentation avec votre médecin et faites tester votre taux de cholestérol sanguin de temps en temps. Ce test est possible via une prise de sang. A cette occasion, votre médecin pourra faire un petit bilan (sang complet, reins, foie, diabète, thyroïde).

L’hypertension artérielle est un facteur de risque très important, surtout chez les femmes. Elle ne présente aucun symptôme, si bien que la moitié des 30% des Belges qui sont en situation d’hypertension artérielle (et donc de danger) ne le savent pas. Faites contrôler votre tension artérielle par votre médecin traitant ou contrôlez-là de temps à autre à la maison avec un tensiomètre de qualité.

Un sommeil régulier, de qualité, d’environ 7 à 9 heures par nuit influence positivement votre santé à long terme. Idéalement, pensez à aérer votre chambre quotidiennement et à la garder à une température autour de 18-19 °C.

Si on vous signale que vous ronflez ou faites peut-être des apnées du sommeil (pauses respiratoires en dormant), parlez-en à votre médecin. De même si vous êtes anormalement fatiguée ou si vous avez tendance à vous endormir la journée. Les femmes aussi peuvent faire des apnées du sommeil.

La réadaptation cardiaque post-infarctus ou autre événement cardiovasculaire est très importante pour minimiser ses séquelles, mais aussi pour rester en bonne santé à court et long terme. Les femmes ont tendance à moins suivre ces programmes que les hommes, ce qui est dangereux pour leur santé cardiovasculaire à court terme.