Le tabac

Les réponses aux questions qui vous tiennent à cœur :

On dit que le tabac est surtout toxique pour les poumons (cancer et bronchite chronique), mais que ses effets sur le cœur et les vaisseaux sont moins importants...
C’est sans doute parce que la fumée va dans les bronches et les poumons que cette idée d’une toxicité essentiellement respiratoire est très répandue, mais il n’empêche qu’elle est fausse.
Le tabagisme expose certes au risque de cancer du poumon et de maladies bronchiques, mais, au même titre que le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité et l’excès de cholestérol, le tabagisme est aussi un facteur de risque cardiovasculaire majeur.
Ce sont la nicotine et le monoxyde de carbone qui sont les principaux responsables des effets néfastes cardiovasculaires. Dès la première bouffée, la nicotine fait augmenter la pression artérielle et le rythme cardiaque tandis que l’oxyde de carbone contribue à diminuer l’oxygénation. Et il faudra 20 minutes après la dernière bouffée pour que la pression artérielle et le rythme cardiaque redeviennent normaux. Quant au monoxyde de carbone, 8 heures après la dernière bouffée, son taux dans le sang n’aura diminué que de moitié. En fait, le fumeur est un hypertendu intermittent et un semi-asphyxié permanent, deux situations que le système cardiovasculaire n’apprécie guère. Pas étonnant donc qu’à la longue, les fumeurs soient exposés à un risque accru d’athérosclérose et de ses principales complications que sont l’infarctus du myocarde, l’artérite des membres inférieurs et les attaques cérébrales. L’importance du risque dépend à la fois de la consommation de cigarettes et de son ancienneté.
Lorsque l'on fume depuis plusieurs années, n'y a-t-il pas un moment au-delà duquel il est trop tard pour arrêter de fumer ?
Absolument pas, bien au contraire! Sur ce plan c’est l’adage “Il n’est jamais trop tard pour bien faire” qui s’applique.
L’arrêt du tabac est bénéfique à tout âge et cela vaut quelles que soient la quantité de tabac consommée et l’ancienneté du tabagisme.
L’arrêt du tabac permet de faire diminuer plusieurs risques pour la santé de façon plus ou moins rapide. Ainsi, le risque d’infarctus diminue très rapidement, certains disent dès le premier jour. Ce qui est sûr est qu’un an après la dernière cigarette, l’excès de risque d’infarctus est diminué de moitié et le risque d’attaque cérébrale est redevenu celui d’un non-fumeur. La diminution du risque de cancer du poumon est plus longue à se manifester et l’on estime qu’il faut en moyenne 5 ans pour que le risque soit diminué de moitié.
Après une dizaine d’années sans tabac, l’espérance de vie de l’ex-fumeur redevient identique à celle d’un individu n’ayant jamais fumé.
La fumée d'autres fumeurs (tabagisme passif) pourrait-elle être nocive pour les non-fumeurs ?
La fumée de tabac contient plus de 4 000 substances chimiques dont une soixantaine qui peuvent provoquer ou favoriser l’apparition de cancer. Cette fumée est donc extrêmement nocive, pour le fumeur, mais également pour le non-fumeur qui la respire.
Et pas seulement pour les poumons ! Le risque cardiovasculaire de quelqu’un qui respire la fumée des autres est également augmenté. Le risque de quelqu’un qui n’a jamais fumé et qui vit avec un fumeur est supérieur de 25% par rapport à celui d’un non-fumeur qui n’est pas exposé à un tabagisme passif.
La toxicité du tabagisme passif n’est absolument plus discutable, une étude portant sur près de 125 000 personnes a montré que le tabagisme passif n’était pas seulement source de désagrément pour les personnes qui le subissent, il aggrave des maladies existantes, en particulier les maladies cardiovasculaires et il est à l’origine de cancers du poumon, du larynx, du pharynx, d’emphysème et de bronchite chronique, le tout entraînant des décès prématurés. Un des grands mérites de cette étude a été de montrer que l’exposition en milieu de travail était un facteur important de surcroît de risque.
L’origine de la fumée respirée par les non-fumeurs est double, une partie correspond à la fumée rejetée par le fumeur et l’autre à la fumée qui se dégage de la combustion de la cigarette, du cigare ou de la pipe. C’est cette dernière qui est la plus toxique, tant pour les voies respiratoires que pour le système cardiovasculaire.
Je ne fume que 5 cigarettes par jour, le risque pour les poumons et le cœur est donc minime...
Le risque du tabagisme étant cumulatif en intensité et dans le temps, il est vrai, que le risque lié à la consommation de 5 cigarettes par jour est moindre que celui qui est observé chez un fumeur d’un paquet de cigarettes par jour, mais cela ne veut pas dire absence de risque. La cigarette est toujours dangereuse, même en petites quantités. A titre d’exemple, il faut savoir qu’un individu qui fume 5 cigarettes par jour pendant 40 ans a le même risque de cancer du poumon qu’un individu qui fume 1 paquet de cigarettes par jour depuis 10 ans. Globalement il a été calculé que chaque cigarette diminuait l’espérance de vie d’environ 6 minutes.